Maaser.

Règles halakhiques du Maaser

Cette page rassemble, à titre informatif, les règles qui encadrent le calcul et la remise du maaser kessafim, résumées à partir de Peninei Halakha (chapitre sur le Maaser Kessafim). Elle explique aussi certains choix de conception de la plateforme (par exemple, un don ponctuel important est enregistré comme une avance qui réduit le maaser dû les mois suivants).

Ceci reste un résumé pédagogique et ne remplace pas la consultation d'un rav pour votre situation personnelle, en particulier en cas de difficulté financière, de revenus d'entreprise, ou de cas particulier non couvert ici.

Les fondements de la mitzva

Source : Peninei Halakha, Tsedaka, halakhot sur le Maaser Kessafim

Est-on obligé de donner le maaser sur tout l'argent que l'on gagne ?

La voie la plus noble est de donner un cinquième (‘Homesh) des gains à la tsedaka ; la voie moyenne est le maaser (un dixième) ; celui qui donne moins agit avec un « œil mauvais » (Choul'han Aroukh, Yoré Dea 249,1). Les décisionnaires débattent de la source de l'obligation (Torah, Sages, ou coutume), ce qui a des conséquences pratiques concrètes, notamment pour les personnes en difficulté financière (voir plus bas).

Est-il vrai que donner le maaser rend riche ?

Les Sages enseignent sur le verset « Assér té'assér » : « donne le dixième afin de t'enrichir » (Chabbat 119a). Le Rama (Yoré Dea 247,4) permet de « mettre Dieu à l'épreuve » sur ce point précis, en s'appuyant sur Malachie 3,10. D'autres (Chla, Yaavetz) nuancent cette lecture. En pratique, la tsedaka protège et attire la bénédiction, sans être une garantie mécanique indépendante de la sagesse dans la gestion de son argent.

Vaut-il mieux calculer précisément ou donner « à peu près » ?

Il est préférable de tenir un registre précis (cahier ou, comme ici, une application) plutôt que d'estimer approximativement. Celui qui est certain de donner au moins le maaser peut s'acquitter de la mitzva sans calcul exact, mais un suivi rigoureux est considéré comme une voie vers la bénédiction, d'autant plus si l'on souhaite donner le 'Homesh (un cinquième).

Salaire et frais professionnels

Source : Peninei Halakha

Le maaser se calcule-t-il sur le salaire brut ou net ?

Sur le net : c'est l'argent effectivement perçu qui est soumis au maaser.

Peut-on déduire le crédit immobilier ou la taxe foncière avant de calculer le maaser ?

Non. Ce sont des dépenses courantes du foyer, pas des frais professionnels : elles ne se déduisent pas du salaire avant calcul.

Peut-on déduire les frais de trajet ou de repas pris au travail ?

Les frais réels de trajet pour se rendre au travail sont déductibles (sans ce déplacement, la dépense n'existerait pas). En revanche, l'achat de nourriture pendant le travail n'est pas déductible : la personne aurait dû manger de toute façon.

Épargne, caisses de retraite et bourse

Source : Peninei Halakha

Comment gérer le maaser sur une épargne ou une caisse de retraite (« koupat gemel ») ?

Idéalement, on prélève le maaser avant de placer la somme. Au moment du retrait, on calcule le gain réel réalisé sur la période et on en prélève le maaser. Lorsque l'employeur verse directement une partie du salaire dans ce type de caisse (sans que l'argent transite par le compte du salarié), il est difficile de faire ce suivi : dans ce cas, on prélève le maaser sur la totalité au moment du retrait.

Et pour les investissements en bourse, avec des gains et des pertes ?

On fait un bilan global. Si le solde net est positif, le maaser porte sur le gain net. Si le solde net est négatif, on est exempté jusqu'à ce que les pertes soient comblées ; le maaser ne redevient dû que sur les gains ultérieurs, une fois les pertes résorbées.

Cadeaux, allocations et enfants

Source : Peninei Halakha

Doit-on donner le maaser sur l'argent reçu en cadeau, en héritage ou en indemnité ?

Oui : la mitzva s'applique à tout argent qui arrive entre les mains d'une personne, qu'il provienne d'un héritage, d'un salaire, d'un cadeau de proches ou d'amis, d'une subvention, ou d'indemnités de fin de contrat.

Faut-il donner le maaser sur les cadeaux de mariage ?

L'usage répandu est que seul l'argent reçu est soumis au maaser (pas les cadeaux en nature, comme un appareil électroménager, même si certains, comme le Grav Chelomo Zalman Auerbach, sont plus stricts).

Et si l'argent reçu est destiné à un usage précis (ex : acheter une robe) ?

Il n'y a pas de maaser à prélever, car le cadeau n'est pas « de l'argent » à usage libre mais un bien désigné. S'il reste un surplus que le donateur autorise à utiliser librement, le maaser se prélève sur ce surplus uniquement. Il en va de même pour l'aide des parents à l'achat d'un logement.

L'argent de poche donné aux enfants est-il soumis au maaser ?

Si l'enfant a atteint l'âge de l'éducation aux mitzvot et que l'argent est à son usage libre, oui — même si les parents ont déjà prélevé le maaser sur cette somme avant de la lui donner. En revanche, si l'argent est destiné à un usage précis (transport, vêtement particulier), non — sauf surplus laissé à son usage libre.

Un soldat doit-il prélever le maaser sur sa solde ? Et les allocations de naissance ou familiales ?

Oui dans les deux cas (sauf si le soldat est lui-même en situation de pauvreté selon la Halakha). Les allocations sont laissées à l'usage libre des parents, donc soumises au maaser.

Difficultés financières et report du don

Source : Peninei Halakha

Une personne en difficulté financière doit-elle s'endetter pour donner le maaser ?

Non : elle reporte le prélèvement jusqu'à ce que sa situation s'améliore, tout en notant mois après mois ce qu'elle doit, pour régler sa dette de maaser plus tard. Si elle doit de l'argent à quelqu'un et ne peut pas à la fois rembourser cette dette et donner le maaser, elle rembourse d'abord sa dette personnelle, et reporte le maaser de quelques mois.

Faut-il donner le maaser en étant à découvert bancaire ?

En principe, il faut d'abord combler le découvert (qui peut en outre poser un problème de ribbit/intérêt), puis donner le maaser. Mais une personne qui n'arrive structurellement pas à se maîtriser et reste toujours à découvert doit malgré tout donner le maaser, pour ne pas le placer en dernière priorité derrière ses dépenses de confort.

Une personne pauvre qui s'enrichit plus tard doit-elle un maaser rétroactif sur ses années de pauvreté ?

Non. Le pauvre est totalement exempté pendant la période où il l'est ; seuls ses gains futurs, une fois sa situation stabilisée, seront soumis au maaser.

Un grand don ponctuel peut-il « couvrir » plusieurs mois de maaser à venir ?

Oui. Une personne qui doit 1 000 (₪ ou €) par mois et donne d'un coup 10 000, peut considérer cette somme comme une avance sur dix mois de maaser, et ne rien prélever pendant cette période. Cette plateforme permet de suivre ce solde : un don ponctuel important apparaît comme une avance qui réduit d'autant le maaser dû dans les mois suivants.

À qui et comment donner le maaser

Source : Peninei Halakha

Peut-on utiliser l'argent du maaser pour construire une synagogue ou acheter des livres saints ?

Selon une opinion (Maharil), le maaser doit être réservé aux pauvres, idéalement aux étudiants de Torah, et ne doit pas financer d'autres besoins de mitzva. Selon une autre opinion (Maharam), c'est permis. L'usage répandu autorise le maaser pour d'autres besoins de mitzva (construction, colonisation d'Israël...), en préférant toutefois les pauvres et l'étude de la Torah en priorité.

Peut-on payer avec l'argent du maaser une mitzva qu'on est de toute façon obligé d'accomplir (téfilines, mezouzot pour soi-même, dons obligatoires de Pourim) ?

Non : on ne peut pas s'acquitter avec l'argent du maaser d'une obligation qui nous incombe personnellement. Cela reste permis pour aider une personne pauvre à s'acquitter de ces mêmes obligations.

Peut-on « payer » son maaser en effectuant un travail ou un service pour une institution ?

Oui, si l'institution aurait dû payer pour ce travail. Il faut alors valoriser le travail au tarif réduit habituellement pratiqué entre proches (pour éviter de surestimer la valeur et réduire indûment son don), et ne compter que 90% de la valeur comme maaser (puisque la mitzva elle-même aurait de toute façon nécessité une dépense).

En cas de ressources limitées, qui a la priorité : mes parents dans le besoin ou mes grands enfants dans le besoin ?

Les parents ont la priorité sur les enfants. Par ailleurs, si l'on peut subvenir aux besoins de ses parents sans l'argent du maaser, mieux vaut le faire sur son argent personnel ; ce n'est que si l'on ne peut les aider qu'au moyen du maaser qu'on peut alors le leur donner en priorité sur les autres pauvres.